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  • Baisse de l'insécurité ?

    Selon la dernière enquête annuelle de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, la part des Français déclarant ressentir de l'insécurité en 2015 serait en baisse de 21% à 19,5%. La plupart des commentaires ont par ailleurs une lecture optimiste de ces résultats. Partagez-vous cette lecture ? Que peut-on observer concrètement, a-t-on pu noter une baisse réelle de la délinquance sur cette période ? À la lecture de cette enquête de l’ONDRP, vous avez raison, on peut noter dans un premier temps cette baisse du sentiment d’insécurité au sein de la société française. Il est indéniablement positif de voir la proportion de personnes déclarant se sentir en insécurité baisser de 1,6 point entre 2015 et 2016. Nous constatons que cet indice du sentiment d’insécurité qui est vivement critiqué quand il augmente, devient un peu trop soudainement le signe d’une excellente santé de notre pays dès lors qu’il baisse un peu. Je crains cependant qu’il faille hélas se garder d’un excès d’optimisme et adopter un point de vue un peu plus nuancé. Certes, on peut se réjouir de la baisse des vols de véhicules et de ceux commis à l’intérieur de ces derniers. Aussi traumatisante que puisse représenter cette atteinte au bien, il ne faudrait pas non plus exagérer la portée de cette évolution. En effet, l’ONDRP précise elle-même que cette baisse ne fait que poursuivre sa décroissance initiée au début des années 2000. En réalité ce phénomène témoigne d’une mutation de la délinquance relative aux atteintes aux biens. Ce type de délinquance est peu à peu abandonné au profit de l’explosion d’une nouvelle forme de délinquance : la cyber-criminalité, un phénomène annoncé depuis longtemps par de nombreux criminologues. En témoigne la très forte augmentation des retraits frauduleux sur compte bancaire, passée du simple au double entre 2010 et 2015, relevée dans cette même enquête de victimation. A lire également sur notre site : France : la crise d'insécurité s'aggrave (et les actes anti-chrétiens ont augmenté de 40% depuis le début 2016) De même, avant de se réjouir de la baisse du nombre de "vols personnels sans violences ni menaces" - à l’instar de quelques médias se contentant de reprendre certaines des conclusions de cette étude les plus mises en exergue par l’ONDRP -, il faut prendre le temps d’observer, sur les autres courbes statistiques publiées, l’augmentation inquiétante du nombre de vols commis avec violences (une augmentation de près de 25% entre 2014 et 2015). Car ce qui frappe avec cette étude, c’est bien l’accroissement de la violence. Les femmes se déclarant victimes de violences physiques hors ménage ont ainsi augmenté de 38% sur la même période. On l’aura compris, si la baisse du sentiment d’insécurité est positive, l’accroissement de la violence n’a évidemment, quant à lui, rien de réjouissant. Comment expliquer dès lors cette baisse du sentiment d’insécurité ? Sans revenir sur la complexité de cette notion, ni sur les raisons qui font que nous pouvons nous sentir en sécurité, il est probable qu’un phénomène, parmi d’autres bien sûr, ait pu jouer. L’année 2015 s’est tragiquement ouverte sur l’attentat de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher. Dès le lendemain a été déployé le dispositif de l’opération Sentinelle. Bien que ce dispositif ait été critiqué à de nombreux égards, il a conduit néanmoins à fortement intensifier la présence militaire dans les lieux publics. Ce dispositif a également été renforcé après le drame du 13 novembre. Il est possible que cette présence ait pu ainsi "rassurer" nombre de Français quant à la délinquance de droit commun et donc quant à ce sentiment d’insécurité. Elle a, en revanche, probablement contribué aussi à accroître paradoxalement un autre phénomène qualifié par l’ONDRP de "préoccupation" des Français pour le terrorisme. Car c’est enfin l’un des autres enseignements majeurs de cette étude : si le sentiment d’insécurité à très légèrement baissé, la préoccupation des français pour le terrorisme a, quant à elle, littéralement explosé au cours de la même période : 30,4 % des Français interrogés désignent désormais "le terrorisme, les attentats" comme étant le "problème le plus préoccupant dans la société française actuelle", à égalité avec "le chômage, la précarité de l’emploi" (30,9 %). L’ONDRP explique que "Cette part du terrorisme a connu une hausse de plus de 12 points en un an" alors qu’elle "se situait à moins de 18 % en 2015" là où, "Avant cette date, elle ne dépassait pas 5 %."

  • Quand Dylan ne prend pas son Nobel

    Malgré l'absence annoncée de Bob Dylan, Nobel de littérature 2016, à la cérémonie du 10 décembre, la prestigieuse institution suédoise affiche une sérénité de façade. En coulisses, c'est autre chose... A coup sûr, l'ombre de Bob Dylan planera, le 10 décembre, sur la cérémonie des Nobel, dont le dîner de gala, à l'hôtel de ville de Stockholm, constitue l'apothéose. Désormais inscrit au panthéon de la littérature, le chanteur américain a renoncé à faire le voyage. Pas de poignée de main avec le roi de Suède, Carl XVI Gustaf, ni de banquet en queue-de-pie aux côtés des autres lauréats (physique, médecine, chimie, économie) et d'un millier de convives. Cette absence a tout pour vexer les exécuteurs testamentaires du chimiste et industriel suédois Alfred Nobel (1833-1896).

  • Vue d'Edimbourg

    Si je devais résumer le penelopegate en un mot, je dirais probablement : yeurk. Et si c'était en trois, je dirais sans doute : yeurk, yeurk et reyeurk. J'en ai encore parlé récemment avec quelques personnes, à l'occasion d'un voyage de groupe à Edimbourg. Et de toute évidence, la banqueroute de Fillon est un séisme pour le pays tout entier. Je crois que les politiciens n'ont pas encore pris la mesure de l'événement. La sphère politique suscite depuis longtemps une certaine aversion. Des gens comme Trump l'ont bien compris et exploitent à fond cette carte pour arriver à leurs fins. Pour autant, il y avait encore une certaine confiance. Mais l'affaire Fillon a été la goutte d'eau. L'écœurement qui se bornait à une frange de politiciens a changé d'échelle. Je le vois partout autour de moi : les gens ne les supportent plus. Il y a avant tout le côté symbolique de l'affaire. Que ce politicien qui a mis en avant sa droiture ait finalement subtilisé des sommes pareilles n'est pas seulement cynique : cela remet en question l'ensemble de la sphère politique. Pourquoi ? Parce que si le meilleur d'entre eux est en fait un escroc, que sont alors les autres ? Mais il y aussi la réponse de nombreux politiciens durant cette affaire qui était particulièrement choquante. La communication stupéfiante de la droite a nettement aggravé ce sentiment d'iniquité. NKM, Accoyer, Fillon lui-même : chaque réponse apportée par leurs soins a fait des ravages bien pires que l'affaire elle-même ! Le prendre de haut ? Parler de perte de temps à propos de l'enquête ? Pointer du doigt la gauche ? Ces gens ont agrandi la brèche à chaque mot qu'ils prononçaient plutôt que de la colmater ! Bien entendu, on pourrait penser qu'il ne s'agit que d'une énième affaire de corruption. Mais ce qui se passe là est bien plus important, d'après moi. C'est allé trop loin. Fillon a imposé sa campagne sur sa moralité autoproclamée, il s'est forgé une image de recteur inébranlable. Voilà pourquoi il ne sombre pas seul : il coule toute la droite avec lui. Nous n'avions vraiment pas besoin de ça. Sinon, j'ai bien apprécié ce voyage de groupe à Edimbourg. Les discussions sur Fillon étaient très fougueuses, mais l'ambiance a été excellente tout au long du séjour. Voilà l'agence par laquelle je suis passé, si vous vous sentez d'humeur à voyager.