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  • La peur et l'impuissance

    Elles ne sont qu'une trentaine dans les prisons françaises mais leur nombre a triplé en six mois: les détenues radicalisées suscitent craintes et angoisses au sein de la population carcérale comme parmi les surveillants, qui réclament une prise en charge adaptée. Les femmes ne représentent que 3,5% de la population carcérale en France. Selon la Chancellerie, sur un total de 68.500 personnes écrouées début octobre, elles étaient environ 2.500, dont 31 considérées comme radicalisées. Parmi ces dernières, essentiellement des femmes impliquées dans des dossiers jihadistes mais aussi quelques détenues basques. "Il n'y a pas d'explosion en terme de volume mais une hausse continue du nombre de femmes radicalisées, qui étaient très marginales en prison il y a encore un an. On n'est pas armé face à cela, ni en termes d'infrastructures ni en termes de formation du personnel", déclare à l'AFP le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire Christopher Dorangeville. Les principaux syndicats pénitentiaires partagent ce diagnostic et décrivent un "effet mathématique": le nombre des radicalisées augmente en même temps que les procédures terroristes, qui concernent de plus en plus de femmes et de mineurs. Et "le pire est à venir avec les retours attendus de Syrie", rappelle Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap-Unsa, premier syndicat pénitentiaire. Une "bombe à retardement" pour le procureur de Paris, François Molins, qui listait déjà en septembre 59 femmes -dont 18 écrouées- parmi les 280 mis en examen à ce moment-là dans les dossiers liés à des filières jihadistes. A Fleury-Mérogis, la plus grande maison d'arrêt d'Europe qui compte un quartier pour femmes et une nurserie, les surveillants sonnent l'alarme. De juin à novembre, les radicalisées sont "passées de neuf à 23", sur un total d'environ 240 détenues. "Le nombre augmente et la résistance à l'ordre aussi. Tout devient objet de tensions", raconte Marcel Duredon, du syndicat FO-Pénitentiaire. "Les radicalisées -qui ne sont pas séparées des autres détenues- cherchent à recréer un réseau, de la hiérarchie. C'est vital pour elles, passé le premier choc de la prison", explique-t-il. - "Troubles d'anxiété" à la nurserie - Face à une violence verbale accrue et un prosélytisme impossible à juguler, les surveillants se sentent "abandonnés" et "les autres détenues ont peur", ajoute-t-il. Pendant les heures de promenade, certaines "crient des passages du Coran à travers la fenêtre de leur cellule", raconte un autre surveillant. Même son de cloche à Fresnes, une autre prison de la région parisienne où "des femmes fragiles ont peur de voir s'installer des caïdats, d'être obligées d'obéir sous peine de représailles", relate Frédéric Godet, surveillant. La plus grande détresse vient de la nurserie de Fleury, qui accueille femmes enceintes, jeunes mères et leurs bébés jusqu'à 18 mois. Sous le couvert d'anonymat, un surveillant évoque l'angoisse des mères face à des détenues "prêtes à tout pour leur cause", un autre affirme que les comportements prosélytes ont causé "des troubles d'anxiété chez les enfants". Dans son plan d'action contre la radicalisation violente présenté le 25 octobre, le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a annoncé "une prise en charge spécifique des femmes", avec l'ouverture en 2017 d'un quartier d'évaluation de la radicalisation à Fleury et la création au sein d'établissements de treize quartiers pour femmes, destinés à accueillir de cinq à dix personnes. La Chancellerie, qui se refuse à donner encore des dates précises, veut aussi accroître le parc des cellules d'isolement et assure "anticiper" les retours de Syrie. "Cela fait plus d'un an qu'on voit venir cette vague. On voit se reproduire avec les femmes (une trentaine) et les mineurs (une vingtaine) exactement les mêmes erreurs qu'avec les hommes: retard dans le diagnostic, retard dans la prise en charge", tempête Jean-François Forget, qui plaide pour une séparation étanche entre radicalisés et autres détenus. Amer, Marcel Dureton de FO répète qu'il est impératif de "ne pas attendre" pour "évaluer nos adversaires", "mieux les connaître et mieux les prendre en charge".

  • Prime d'activité: plus de 3,7 millions de foyers bénéficiaires

    Plus de 3,7 millions de foyers ont déjà bénéficié de la prime d'activité, a indiqué mercredi le gouvernement à l'occasion de l'examen à l'Assemblée du budget 2017 dédié à la solidarité, l'insertion et l'égalité des chances. Grâce à cette demande accrue, "le taux de pauvreté devrait continuer à diminuer", s'est félicitée la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l'exclusion Ségolène Neuville. La prime d'activité a été créée en janvier 2016 pour aider les travailleurs modestes. Début octobre, la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf) avait fait état de 2,37 millions de foyers bénéficiaires en juin de cette prime, qui a remplacé le RSA activité et la Prime pour l'emploi (PPE) et dont le montant moyen est de 165 euros par mois. A périmètre constant, le budget dédié à la solidarité, l'insertion et l'égalité des chances, de 17,84 milliards d'euros pour 2017, connaît une augmentation de 4%, qui "résulte notamment du succès de la prime d'activité", a souligné la secrétaire d'Etat. Une enveloppe de 4,34 milliards d'euros est prévue pour 2017 pour la prime d'activité mais le rapporteur spécial Gaby Charroux (Front de gauche) "s'inquiète du risque de sous-budgétisation". Déjà "sur l'année 2016, le taux de recours s'annonce bien supérieur à la prévision initiale du gouvernement, si bien qu'un abondement en loi de finances rectificative sera nécessaire", écrit-il dans son rapport. Quelque 3,9 milliards d'euros avaient été prévus pour 2016. Le gouvernement avait retenu une hypothèse d'un taux de recours de 50%, soit deux millions de foyers bénéficiaires sur les quatre millions de foyers éligibles. Les socialistes et radicaux de gauche ont voté le budget global de cette mission, à l'inverse des élus LR, UDI et FG. "Au lieu de nous réjouir du succès de la prime d'activité, nous nous réjouirons quand nous n'aurons plus besoin de la prime d'activité", a déclaré Jean-Louis Costes (LR), jugeant que de "véritables réformes économiques et sociales auraient dues être mises en place" au cours du quinquennat.

  • Une vie de marchandise

    Vous savez ce qui est le plus terrifiant, avec 1984, le roman de Georges Orwell ? C'est que plus personne n'en a peur. Les adolescents qui l'ont lu disent seulement : "oui, et alors ?" Pour eux, le fait d'être surveillé sans restrictions par des gouvernements ne les choque pas vraiment ; le fait que des sociétés s'accaparent leurs données privées et se les échangent ne leur pose pas problème ; bon sang, même le fait que la NSA puisse nous regarder à notre insu via la webcam de notre ordinateur ou nous écouter via notre téléphone même quand nous ne sommes pas en communication (toutes choses qu'a révélées Edward Snowden) ne les dérange pas ! Le fait d'être analysé et étiqueté comme n'importe quel produit alimentaire ne les choque plus.

    C'est ainsi que, peu à peu, tous les éléments du désastre se mettent en place. Des pouvoirs exceptionnels accordés aveuglément aux gouvernements et aux grandes entreprises ; des contre-pouvoirs négligés qui fondent comme neige au soleil ; et entre les deux, des populistes déchaînés, type Donald Trump, qui n'hésiteront pas à utiliser ces pouvoirs bien au-delà de leurs prérogatives (ce qui a cependant déjà été largement commencé sous l'ère Obama, cela dit !!).

    Quand je regarde l'actualité, je ne peux m'empêcher de penser au puzzle de cette histoire d'horreur, où la personne qui le fait se rend compte que l'endroit que représente le puzzle est le salon même où elle se trouve, et que le personnage en son centre n'est autre qu'elle-même réalisant ce puzzle. Tout y est jusque dans les moindres détails. Et quand elle met enfin la dernière pièce, elle découvre que sur cette image, il y a le visage d'un homme aux dents pointues juste derrière la fenêtre. Et la dernière chose qu'elle entend alors, c'est le bruit d'une vitre qu'on brise...

    Sur ce blog, nous observerons chaque pièce de ce puzzle horrifique, en revenant sur l'actualité d'hier et d'aujourd'hui. En comptant les pièces qui nous séparent de la toute dernière. Et en cherchant à voir à quelle sauce nous serons mangés... Car n'en doutez pas, c'est bien ce qui nous arrivera !